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Pourquoi avoir invité google

Au moins une personne reproche de façon véhémente au comité de programme d‘avoir “offert une tribune à Google ” et d‘avoir donné le sentiment de soutenir cette offre commerciale. Elle ajoute “C‘est destructeur pour les CRI“.

En effet, il y a là un danger pour une activité historique des CRI : administrer la messagerie. Cependant, ce qui me semble le plus dangeureux serait d‘ignorer l‘existence de cette offre. Je ne doute pas que les commerciaux de Google fassent du lobying auprès des directions de nos établissements. A ce jour, aucun n‘a semble-t-il cédé aux sirènes du gratuit. Si demain une brèche s‘ouvre, combien d‘établissements vont s‘y engouffrer ?

Faut-il se préparer à résister ou prendre les devant ? Comment supporter la comparaison sur la qualité de service ? Est-il suffisant de brandir les arguments que nous connaissons sur la sécurité ? D‘ailleur sont-ils fondés ?

Que dire du rapport qualité prix (avec la gratuité, pas facile d‘aborder le sujet sereinement) ? Peut-on faire confiance au modèle économique présenté par une société dont la raison sociale est de vendre des “clics de cerveaux disponibles” ?

Bref, cette présentation pose beaucoup de questions et c‘est justement pour cela que nous avons pensé qu‘elle avait sa place dans nos JRES.

Discussion

pierre-antoine.angelini@univ-rennes1.fr, %2007/%11/%29 %11:%Nov:

Je partage totalement l‘avis des organisateurs. Les JRES, c‘est non seulement partager nos expériences, mais également prévoir et voir ce qui se passe en dehors de nos contextes. Si je ne doute pas un instant des conséquences d‘offre comme Google Apps pour nos établissements et leurs CRI, le meilleur moyen de s‘y préparer est d‘en discuter, pas d‘y faire barrage. Ne pas donner une tribune à Google (ou autres) reviendrait à croire que “faire précéder les voitures à essence d‘un marcheur équipé d‘un drapeau et d‘une lanterne pour préserver la sécurité des piétons et autres véhicules” est une mesure de lutte efficace contre la prolifération des voitures. C‘est pourtant ce qui a été tenté législativement au début du siècle précédent à l‘apparition des voitures sur les routes, avec le succès que l‘on connait.

bortzmeyer+jres@nic.fr, %2007/%12/%13 %17:%Dec:

Mon compte-rendu personnel de cette session :

Deux commerciaux de Google ont fait une exception à la règle « contenu fourni par les utilisateurs » en présentant l‘offre Google Apps pour l‘éducation. Google Apps est un ensemble d‘outils bureautiques accessibles en ligne, certains connus comme Gmail, d‘autres moins mais en plein développement comme Google Docs. De tels outils concurrencent directement les outils Microsoft Office et, d‘une manière générale, représentent un saut conceptuel important : le passage d‘une informatique où logiciels et données sont sur le site à une informatique où données et logiciels sont externalisés. L‘orateur a insisté que Google nous aimait et voulait notre bien et qu‘il n‘y aurait pas de coups en traitre. De tels outils sont déjà largement utilisés dans le monde Éduc./Recherche, en raison de leur qualité technique, et des conditions matérielles offertes (aucune fac n‘a un espace de stockage par utilisateur équivalent à celui de Gmail).

La discussion a été houleuse, motivée par des considérations juridiques (et les données personnelles ? sur un serveur états-unien ?), politiques (même si Google, de manière étonnante, bénéficie d‘une meilleure image de marque que Microsoft), ou techniques (récupération des données en local). Mais aussi, même si ce n‘était pas dit, motivée par le simple conservatisme et la crainte de l‘externalisation et du chômage. Le second Googlien présent (le premier répétait que Google était gentil) a balayé ces objections en affirmant que, de toute façon, les utilisateurs avaient déjà choisi « Vos utilisateurs sont déjà sur Gmail ».

Cet exposé ayant été suivi d‘une table ronde sur l‘externalisation, la discussion a tourné autour de « Y aura t-il encore des DSI dans les facs dans N années ? » (Sujet déjà abordé au précédent JRES.)

serge.aumont@cru.fr, %2007/%12/%14 %11:%Dec:

« Vos utilisateurs sont déjà sur Gmail ». Qui a essayé de mesurer combien d‘utilisateurs ont fuit pour google ou plus généralement pour une solution extérieure à nos établissements ?

J‘ai demandé à une poignée établissements de regarder le pourcentage de ceux qui utilisent le service de redirection pour lire leus mails “ailleurs“. Les résultats sont variables de 15 à 40% des étudiants quand le service est offert. gmail est bien entendu très présent, mais il n‘écrase pas ses concurrents.

Toutes les personnes interrogées souhaitent que le résultat reste confidentiel, ce qui prouve que la sensibilité de ces questions.

blog/pourquoi_avoir_invite_google.txt · Dernière modification: 2007/11/29 11:15 par olivier.lumineau@cru.fr
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